Matthieu Klotz

Ma seule ambition : courir pour le plaisir et me dépasser.


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Catégorie : Courses

Articles sur les courses réalisées.

  • Trail de la Fleur du Roy

    Trail de la Fleur du Roy

    Trail

    Trail de la Fleur du Roy · Corrençon-en-Vercors, France

    Départ 14 juillet 2026 08:00
    Distance 25,0 km
    D+ 1 000 m
    Chrono 2:29:30
    Classement 202/247

    Des vacances dans le Vercors, une course locale organisée par les sapeurs-pompiers de Corrençon-en-Vercors, et l’envie d’y aller un peu en touriste : voilà comment je me suis retrouvé sur la ligne de départ du Trail de la Fleur du Roy, un 14 juillet. 24 km, 1 000 m de D+ : sur le papier, ça allait piquer. Dans les jambes, ça a piqué. Mais alors quel régal.

    • Épreuve — Trail de la Fleur du Roy, 24 km, ~1 050 m de D+, Corrençon-en-Vercors
    • Contexte — en vacances, peu entraîné, et pas du tout pour la montagne
    • Chrono — 3h29
    • Verdict — régalé du début à la fin

    Un dossard pris en touriste

    En vacances dans le Vercors, j’en profite pour m’inscrire à cette course locale. Autant le dire tout de suite : la préparation, c’était léger. Deux sorties seulement la semaine précédente dans le Vercors, et pas grand-chose avant depuis la TransJu, période barbecue oblige et ses quelques excès à table. Bref, j’y vais surtout pour le plaisir. 24 km et 1 000 m de D+ dans ces conditions, je sais que ça va laisser des traces.

    8h : la grimpe au Clos de la Balme

    Réveil à 6h15, direction Corrençon. Départ à 8h. Ça part vite, mais je suis dans le rythme sur les deux premiers kilomètres de pseudo-plat, le tour de la ville. Et puis on attaque le vif du sujet : la montée au Clos de la Balme. 500 m de D+ sur 3 km. Chemin en forêt d’abord, puis piste de ski. Dur, dur. Pas entraîné pour un tel terrain, ni pour autant de dénivelé sur si peu de distance.

    Arrivée au Clos de la Balme, la vue est magnifique… mais il faut déjà basculer dans la redescente. 500 m de D- sur une piste de ski, avec des zones techniques. Mes cuisses sont déjà mises à rude épreuve. Un peu de replat, et voilà le premier ravito au 11e kilomètre, au golf de Corrençon. Pause éclair, et c’est reparti.

    Seconde partie : le frais des bois

    La suite est plus roulante, en forêt. Les jambes sont déjà un peu mollassonnes, mais le chemin enchaîne singles et routes forestières, un régal pour les yeux. Et avec la chaleur du jour, le frais des sous-bois fait un bien fou. Au 17e kilomètre, nouveau ravito. Pause rapide pour remplir les flasques et, surtout, se rafraîchir sous les brumisateurs mis à disposition : le petit détail qui change tout par cette chaleur.

    La montée au Peuil : enfin du rythme

    J’attaque la dernière grosse montée, jusqu’au Peuil. Et là, surprise : je retrouve du rythme en grimpant. J’arrive même à dépasser des groupes venus de la course XXS, et quelques coureurs du 24 km. Single jusqu’au sommet, toujours dans une forêt verdoyante, toujours un régal pour les yeux.

    3 km de descente en plein cagnard

    Fin de la montée, il reste 3 km jusqu’à l’arrivée. 3 km de descente, en bonne partie au soleil. Les cuisses sont sciées, mais j’arrive quand même à trottiner. Le hic, c’est le soleil, qui fait sérieusement chauffer la machine. Fin de la descente, 600 m de bitume et gros soleil : là, courir jusqu’au bout devient une épreuve à part entière. Je me force sur les 200 derniers mètres.

    Je franchis la ligne en 3h29. Pas dernier — ça change ! — dans le dur à cause de la chaleur finale, mais content. Vraiment content.


    Bilan

    Une course magnifique, une très bonne ambiance et une organisation au top. Je me suis régalé du début à la fin. Peu entraîné, et surtout pas du tout préparé pour les terrains de montagne — appartenant clairement plus à la catégorie des ursidés qu’à celle des caprinés —, je trouve m’en être plutôt bien tiré. Et surtout, j’y ai pris énormément de plaisir. Une course à refaire sans hésiter si je repasse dans le coin.

  • TransJu – Ultra 110

    TransJu – Ultra 110

    Trail

    TransJu – Ultra 110 · Les Rousses, France

    Départ 6 juin 2026 03:00
    Distance 110,0 km
    D+ 4 350 m
    Résultat DNF

    110 kilomètres au programme. J’en ai bouclé 99,6 avant que la barrière horaire de Morez ne me cueille, six minutes trop tard. Sur le papier, c’est un DNF. Dans ma tête, c’est tout l’inverse : une des plus belles journées de course que j’ai vécues. Je vous raconte.

    • Épreuve — TransJu Ultra, 110 km, départ de Champagnole à 3h du matin
    • Parcouru — 99,6 km et environ 3 700 m de D+
    • Sur la montre — un peu plus de 19h, dont ~2h30 d’arrêts (ravitos, sieste, base de vie)
    • Verdict — arrêté à la barrière de Morez, 6 minutes trop tard

    La veille : arrivée aux Rousses

    Vendredi, on quitte la maison direction Les Rousses. Arrivée vers 14h, on pose les sacs dans l’appart, je file chercher mon dossard, un repas avalé en vitesse et au lit. Enfin… « au lit ». L’objectif était de dormir de 21h à minuit : j’ai surtout fermé l’œil par intermittence, comme toujours la veille d’un truc pareil. À minuit, debout, navette pour Champagnole. Une heure de bus dans le noir, le ventre un peu noué, à se demander dans quoi on s’est embarqué.

    3h du matin : ça part vite

    Coup de feu. Ça part vite, trop vite peut-être, mais sur la Transju on ne traîne pas : les barrières horaires sont serrées, et chaque minute grappillée en début de course, c’est du rab pour plus loin. Je me cale dans le flot des frontales et je laisse les jambes faire.

    Premier ravito à Syam, kilomètre 16. Le ciel pâlit, les oiseaux s’y mettent, et là, tout va bien. La suite vers Les Planches-en-Montagne, c’est du grand Jura : forêts profondes, cascades, le genre de décor qui te fait oublier que tu cours depuis des heures. Café aux Planches (km 28), et on repart sur une ancienne voie ferrée — ponts, un tunnel, puis les plateaux qui montent doucement vers Foncine-le-Haut. Magnifique.

    Foncine : le premier doute

    Foncine-le-Haut, km 40. Premier vrai doute. Je fais mes comptes : les barrières vont se resserrer, ça va finir par se jouer. Mais pour l’instant j’ai de la marge, alors je repars. Des champs fleuris à perte de vue, encore de la forêt, et le moral qui remonte avec le soleil qui commence à chauffer.

    Chaux-Neuve : le tremplin, les sauteurs… et elle

    Chaux-Neuve et son tremplin de saut à ski, base de vie au km 54. Et là, le petit cadeau de la journée : je retrouve ma chérie pour la première fois depuis la veille. Ça remet du carburant dans la machine, ce genre de retrouvailles. Quelques sauteurs s’entraînent pendant que je suis là, à s’élancer du tremplin : c’est beau à regarder. Je pointe avec 2h40 d’avance sur la barrière. Large. Un brin euphorique, même. Du coup je prends le temps : petite toilette, je me change, je repars propre.

    À la sortie, on grimpe le tremplin par les escaliers. La montée est longue, mais originale : on ne fait pas ça tous les jours, monter un tremplin olympique à la force des cuisses. Et c’est à peu près là que la fatigue commence à pointer. Je ralentis, pour de bon. Je manque de me viander plusieurs fois sur les racines. Le chemin jusqu’à Chapelle-des-Bois (km 70) n’en finit pas.

    Chapelle-des-Bois : la sieste qui s’impose

    Au ravito, plus le choix : la sieste s’impose. 15 minutes les yeux fermés, et je repars. Sauf que la lucidité, elle, n’a pas vraiment suivi le réveil. À partir d’ici, je cours un peu en pilote automatique, sans toujours savoir où je mets les pieds.

    Les Marais, Morbier : le matelas qui fond

    Le chemin vers Les Marais (km 83) est long, mais toujours aussi beau. J’y arrive, et le couperet tombe dans ma tête : plus que 45 minutes d’avance. Mon matelas a fondu. Je m’accroche, petit coup de boost jusqu’à Morbier vers le 89e, mais la première montée est raide et me cueille. La fatigue revient. J’avance quand même. J’y crois encore.

    Morez : six minutes de trop

    21h passées. Encore 3,5 km pour rejoindre le ravito du 99e, et je sens que ça ne va pas le faire. Le physique tient — c’est ça, le plus rageant — mais je n’ai plus une once de lucidité. Je n’avance plus, point. J’arrive à la barrière de Morez à 22h06. 99,6 km. Six minutes de trop. Course terminée pour moi.

    Six minutes. C’est tout ce qui manquait. Et malgré ça, je suis redescendu de la montagne avec le sourire.

    Et pourtant. Quelle course. Quelle journée. Je n’ai pas vu la ligne d’arrivée, mais je me suis régalé du premier au dernier kilomètre.


    La leçon dans le sac

    Le lendemain, je vide mon sac. Et là, la vérité me saute aux yeux : entre le km 70 et l’arrêt, je n’ai quasiment rien mangé. Rien. Le corps a tenu sur les réserves, mais la tête a lâché — pas étonnant. Sur la Veni Vici en milieu de course, c’est le physique qui avait explosé ; cette fois, les jambes étaient là. Ce qui m’a manqué, c’est la gestion : celle du repos, et surtout celle du ravitaillement.

    La montre raconte exactement la même histoire. Mon avance grimpe tranquillement jusqu’à 2h46 à Chaux-Neuve… puis fond comme neige au soleil sur toute la seconde moitié. Le réservoir est vide, le moteur ne monte plus dans les tours, même quand la volonté est là.

    Alors, on remet ça ?

    Encore une leçon dans la besace. La prochaine sera la bonne — je sais maintenant exactement où j’ai péché. Pas dans les jambes : dans la fourchette et dans la montre.

    TransJu, je te reverrai.

  • Trail de la Forêt d’Eu

    Trail de la Forêt d’Eu

    Trail

    Trail de la Forêt d'Eu · Saint-Pierre-en-Val, France

    Départ 3 mai 2026 07:30
    Distance 42,0 km
    D+ 1 129 m
    Chrono 5:36:21
    Classement 150/175

    Il y a des courses qu’on garde précieusement, et d’autres qu’on a juste envie d’oublier. Le Trail de la Forêt d’Eu, pour moi, c’est la seconde catégorie. Pas dedans dans la tête, pas de jambes, pas de souffle : 42 km à serrer les dents sans en tirer le moindre plaisir. Autant être honnête, c’était un jour sans. Je vous le raconte quand même, parce que ça fait aussi partie du jeu.

    • Épreuve — Trail de la Forêt d’Eu, ~42 km (la grande boucle, au-delà de la version 26 km)
    • Contexte — sortie club, arrivée la veille
    • Au compteur — 43 km, ~1 040 m de D+, 5h36
    • Verdict — un jour sans, du début à la fin

    La veille : tout va bien

    Sortie club. On arrive la veille, resto tous ensemble, puis dodo. Rien à signaler, l’ambiance est bonne et je m’endors sans me douter de rien.

    Réveil 5h30 : pas envie

    Réveil à 5h30 pour se préparer, et là… pas envie. C’est rare que je me lève le matin sans la moindre motivation à l’idée de prendre un départ. Mais ce matin-là, c’est le cas. Je suis fatigué, le nez pris, bref : pas dedans. Je le sens dès le réveil, et ça ne présage rien de bon.

    Le départ : ni souffle, ni jambes

    Le départ est donné. Je pars tranquille, mais le constat est immédiat : pas de souffle, pas de jambes. La première partie est plutôt sympa, et j’atteins le premier ravito au 16e kilomètre. Sur le papier, le décor est là, mais moi je ne suis pas dedans. Je repars quand même.

    La seconde partie : un long moment de souffrance

    Et là, c’est la traversée du désert. Les poumons en feu, toujours pas de jambes, toujours pas dedans. Aucun plaisir. Le surplus de boucle par rapport à la version 26 km de la course n’apporte pas grand-chose à mes yeux : j’ai surtout l’impression d’allonger la sentence. J’arrive au second ravito dans le dur.

    On repart en forêt. Quelques singles sont sympas, une dernière descente, et l’arrivée approche enfin. Au 42e kilomètre, je franchis la ligne : le calvaire est terminé. Le chrono affiche 5h36, mais ce jour-là c’est bien le dernier de mes soucis.


    Bilan

    Une course à oublier. Pas dedans dans la tête, pas de jambes, pas de souffle : la totale. Je n’y ai pris aucun plaisir, et ça se voit même sur la montre — le cœur n’a jamais voulu monter, comme si le moteur n’était tout simplement pas disponible ce jour-là. Beaucoup de membres du club ont trouvé la course très jolie. Moi, pas. Mais c’est comme ça : il y a des jours où rien ne répond, et il faut juste l’accepter, ranger ça quelque part et passer à la suite.

  • Schneider Electric Paris Marathon

    Schneider Electric Paris Marathon

    Route

    Marathon de Paris · Paris, France

    Départ 12 avril 2026 08:30
    Distance Marathon
    Chrono 3:51:25
    Classement 20352/48719

    42,195 km. Mon tout premier marathon, et pas n’importe lequel : Paris. Pas de prépa spécifique, un dossard décroché via le boulot, et l’envie de voir ce que ça fait, un marathon, quand on a la tête déjà tournée vers un ultra en juin. Spoiler : je me suis régalé. Je vous raconte.

    • Épreuve — Marathon de Paris, 42,195 km, départ avenue des Champs-Élysées / Étoile
    • Objectif — secondaire : le gros morceau de la saison, c’est la TransJu en juin
    • Chrono — 3h53, sans prépa marathon dédiée
    • Au passage du semi — 1h48, un nouveau record perso sur la distance

    Un marathon en objectif secondaire

    Autant être honnête tout de suite : je n’ai pas fait de préparation marathon à proprement parler. Mon vrai objectif de saison, c’est la TransJu, et tout mon entraînement tourne autour de ça. Le marathon de Paris, c’est un bonus. J’ai eu la chance d’avoir un dossard via mon employeur, et je cours donc à ses couleurs. L’occasion était trop belle pour la laisser passer : faire son premier marathon dans les rues de Paris, c’est quand même quelque chose.

    Dimanche matin, réveil et RER pour filer jusqu’à Étoile. L’ambiance d’un départ de marathon, c’est particulier : des milliers de coureurs, les sas qui se remplissent, la musique, le compte à rebours. On est tout petit là-dedans, et en même temps on fait partie d’un truc énorme.

    Départ : je pars vite, peut-être un peu trop

    Sas des 3h30. Le coup d’envoi est donné et je m’élance. Vite. Très vite, même. Mais je me sens bien, alors je laisse les jambes faire. Les kilomètres défilent, et avec eux les décors de Paris : l’Opéra, la Bastille, la direction du bois de Vincennes et son château. C’est une façon de visiter la ville comme on ne la voit jamais : au milieu de la route, au pas de course, portés par la foule.

    Au passage du semi, ma montre affiche 1h48. Nouveau record perso sur la distance. Je continue sur ce rythme rapide, tout va bien. L’ambiance est top, et je croise même des membres du club qui m’encouragent au bord de la route : petit shot de motivation gratuit, ça fait du bien.

    Les quais, et les jambes qui s’alourdissent

    Arrivée sur les quais de Seine. C’est magnifique, mais c’est aussi là que les jambes commencent à parler. Elles deviennent un peu lourdes, je ralentis. Au 33e kilomètre, petit coup de mou pour de bon. Je sens que forcer ne servirait à rien, alors je décide d’alterner marche et course, et de prendre quelques secondes pour m’étirer. Pas le moment de cramer ce qu’il me reste.

    C’est aussi ça, un premier marathon : découvrir ce fameux mur dont tout le monde parle, et apprendre à composer avec sur le moment.

    Le 39e : ça repart, l’arrivée est là

    Au 39e kilomètre, la machine se relance. La fin est proche, je le sens, et ça suffit à relancer la mécanique. Et puis enfin : les 500 derniers mètres, la ligne d’arrivée qui se dessine, et 42 km au compteur. Ouf. Fini.

    La montre indique 42,7 km au bout du compte : le petit rab habituel des trajectoires et du GPS qui coupe mal les virages. Côté cœur, c’est resté maîtrisé du début à la fin, sans emballement, ce qui n’est pas plus mal pour un premier de la distance.


    Bilan

    Premier marathon bouclé en 3h53, et je me suis régalé. Une superbe ambiance, un beau parcours, et un chrono dont je suis franchement content vu l’absence de prépa marathon spécifique. J’y suis allé un peu au culot, et ça a payé jusqu’au 33e.

    Si je le peux, je remettrai ça l’année prochaine. Avec une vraie préparation marathon cette fois, la barre des 3h45, voire des 3h40, me semble largement à portée. Mais pour l’instant, place à la TransJu. Paris, on se reverra.